Le clivage gauche / droite
Cette publication résulte de notre première réunion à proprement parler politique. Nous avons souhaité poser les bases de ce qu’est le clivage entre les idées de gauche et de droite. Pour ce faire, nous avons organisé une discussion inclusive en cherchant à réunir le plus de participants possibles. La réunion s’est déroulée en 4 temps que vous trouverez indiqué ci-dessous par les titres.
Qu’est ce que la gauche et la droite ?
Les premières distinctions ayant émergées ont été que les idées de droite sont attachées à la liberté, dont découle la défense des marchés, du patronat, de la méritocratie. La gauche, en revanche, s’inscrit dans la volonté d’égalité et privilégie donc les travailleurs précarisés, la sécurité sociale et l’éducation.
De ces premiers constats, la notion d’essentialisme à émergé. Il à été déterminé comme un des élément constitutif du clivage gauche/droite. En prenant l’exemple d’un meurtrier et en considérant qu’il est dans sa “ nature ” de commettre un crime, la politique ne peut que garantir son interpellation et son incarcération. Si en revanche, on considère que le crime aurait pu être évité, alors l’investissement dans l’éducation et les aides sociales semble plus légitime.
En conclusion, nous avons apprécié un autre élément fondateur du clivage politique, le conservatisme contre le progressisme. Le clivage gauche droit est né le 28 août 1789, au moment de voter le droit de veto du Roi, qui lui permetterai de contourner les principes démocratiques souhaités lors de la Révolution. Les partisans du roi s'essayèrent à sa droite (par symbolique du “bras droit”), ses détracteurs à gauche. Depuis, dans quasiment l’ensemble des assemblées politiques, les conservateurs siègent à droite et les progressistes à gauche.
Est-il possible de dépasser ce clivage ?
Dès les premières réponses, le clivage gauche/droite est apparu comme un tandem qui se réinvente selon des thématiques clivantes et évolue en fonction du climat politique et social.
En dépit de certaines imprécisions autour des deux notions, le clivage reste pertinent dans un rôle de structuration du débat politique. Les étiquettes peuvent aussi parvenir à conforter certaines opinions notamment par le manichéisme et l’antagonisme droite / gauche.
Cette force symbolique tend cependant à être piétinée par les stratégies confusionnistes, particulièrement à l'œuvre dans la Vème République. En s’appuyant sur l’actualité, nous avons également identifié un risque à laisser l’étiquetage à un arbitrage unique et donc biaisé.
En outre, nous avons partagé le danger de totalitarisme porté par les tentatives de dépassement des clivages. En mobilisant le Bonapartisme, le Boulangisme puis le Gaullisme, nous avons vu comme une démarche politique de dépassement politique ne peut résulter qu’en un dogmatisme totalitaire.
L’idée d’un dépassement du clivage néglige le rôle réel de la politique de résolution pacifique de conflits d’intérêts. S’il est impossible de dépasser ce clivage, c’est qu’il est le terrain d'opposition de point de vue et d’arguments, personne ne peut défendre deux réalités/deux sensibilités différentes sans en favoriser aucune.
Dans quelle mesure peut-on affirmer que “tout est politique”
Ce troisième point a été ouvert en rappelant qu’une décision politique est à l’origine de l’éloignement de notre campus. Après Mai 1968 et les révoltes étudiantes, les campus ont été construits loin du centre de Paris pour empêcher les potentiels soulèvements futurs.
En ce sens, il a rapidement été établi que toutes les décisions qui impactent nos vies se décident en accord ou contradiction à certains positionnements politiques. De ce fait, nous avons discuté de la pertinence d’un droit de vote accessible dès 16 ans. La jeunesse doit pouvoir exprimer une opinion, notamment au regard des nombreuses réformes lourdes de l’éducation nationale sous la mandature Macron.
Est-ce que l’écologie doit être de gauche ?
À nouveau, un consensus s’est assez rapidement formé autour de l’affirmation que l’écologie ne peut être abordée qu’au travers d’une politique résolument de gauche. Le réchauffement est un problème principalement social et ne va pas frapper toutes les classes sociales de la même force. Il est en ce sens logique de se tourner vers la famille politique garantissant la protection la plus forte des personnes les plus menacées.
Un dernier marqueur du clivage est l’importance reconnue au rôle de la politique. La droite, notamment par essentialisme, à tendance a vouloir restreindre le rôle du gouvernement aux fonctions régaliennes. Nous observons cependant, dans une perspective matérialiste qu’un réveil populaire n’est pas à attendre de l’individu dont la position social et la survie dépendent du système capitaliste.
La droite compromet également ses chances de survenir au défi écologique par son attachement à la liberté d’entreprendre et l’attachement à la propriété individuelle. La vision individualiste qui est inextricable des idéaux de droite est donc profondément incompatible avec la lutte environnementale et ouvre même la voie au déni climatique.
Enfin, L’illusion technologique est compromise par un effet de rebond constant, par une récupération capitalistique et par les lois acerbes de la rentabilité. Les arguments de la droite, la liberté d’entreprendre et la soumission aux marchés ne font qu’empirer la crise climatique.